
« Le pré-état daté n'est pas obligatoire. Les informations qu'il contient, si. Toute la différence est là. »
Dossiers
« Le pré-état daté est-il obligatoire ? » La question revient à chaque vente en copropriété — et la réponse honnête est plus nuancée qu'un simple oui. Le document en lui-même n'est pas imposé par la loi. Mais les informations qu'il rassemble, elles, doivent obligatoirement être communiquées à l'acquéreur avant le compromis.
Voici précisément ce que dit la loi, ce que vous risquez si ces informations manquent, et pourquoi le pré-état daté reste, en pratique, incontournable.
Non, le pré-état daté n'est pas un document légalement obligatoire — et aucun prestataire ne peut le rendre « officiel ». Ce qui est obligatoire, ce sont les informations qu'il contient : l'article L.721-2 du Code de la construction et de l'habitation (issu de la loi ALUR) impose de les remettre à l'acquéreur au plus tard à la signature de la promesse de vente (le compromis).
Le pré-état daté est le document qui réunit, vérifie et met en forme ces informations au bon moment. Il n'est pas obligatoire en tant que tel — mais c'est lui qui permet de respecter cette obligation d'information et d'ouvrir le délai de rétractation de l'acquéreur. Autant dire qu'il n'est pas à prendre à la légère.
Depuis la loi ALUR (2014), le vendeur d'un lot de copropriété doit communiquer à l'acquéreur, au plus tard à la promesse de vente, un ensemble de documents et d'informations. En résumé :
C'est exactement cette liste que le pré-état daté a vocation à réunir et à présenter clairement — avant le compromis, pour éclairer la décision de l'acquéreur.
La loi ne prévoit pas d'amende. Elle prévoit quelque chose de plus contraignant pour la vente elle-même. Tant que ces informations n'ont pas été remises à l'acquéreur, son délai de rétractation de 10 jours (article L.271-1) ne commence pas à courir (article L.721-3).
Concrètement : un compromis signé sans ces informations laisse l'acquéreur libre de se rétracter. Le compte à rebours ne démarre qu'au lendemain de la communication des documents. La vente reste donc juridiquement fragile — et peut être retardée d'autant.
Trois pièces font exception et ne suspendent pas le délai : le carnet d'entretien, les conclusions du diagnostic technique global et la notice d'information. L'absence des autres informations, en revanche, empêche le délai de rétractation de courir.
Le mot « obligatoire » colle surtout à l'état daté, l'autre document de la vente. Celui-là est bel et bien obligatoire au sens strict : établi par le seul syndic, pour l'acte authentique (la signature définitive), et plafonné à 380 € TTC par décret.
Le pré-état daté, lui, intervient plus tôt — avant le compromis —, il est informatif et n'a pas de valeur juridique propre. Les deux documents sont complémentaires et n'interviennent pas au même moment de la vente.
Pour tout distinguer point par point, voir notre comparatif pré-état daté vs état daté et notre dossier sur l'état daté pour vendre en copropriété.
Beaucoup de vendeurs cherchent un « pré-état daté officiel ». Le terme est trompeur s'il laisse croire à un document tamponné par une administration : un tel document n'existe pas. Ce qui est « officiel », au sens de la loi, c'est le contenu attendu — celui de l'article L.721-2 du CCH — et, pour la signature définitive, l'état daté du syndic.
Un pré-état daté sérieux n'est donc pas « officiel » : il est conforme à l'article L.721-2, complet et établi avec rigueur. C'est cette conformité — et non un tampon — qui fait toute sa valeur, et qui évite à la vente d'être bloquée faute d'informations.
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